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LE film

4 décembre 2012

C’est nouvel an. Pour rien au monde il ne cracherait sur ce droit exceptionnel de la télévision après minuit. Il a envie d’en profiter. D’en jouir. Les yeux mi-clos, affalé sur le canapé, en maître du monde avec la télécommande entre les mains, il zappe. Zappe encore. Jusqu’à tomber sur LE film. Celui sur lequel les garçons de douze ou treize ans finissent par tomber un soir. Ce n’est jamais le même film mais un peu quand même…

Inspiré par les images-on-ne-peut-plus-suggestives qui ondulent sur l’écran, il se touche… Il ne sait pas très bien comment s’y prendre, par quel bout empoigner le manche. Mais il essaie. Il regarde, observe, compare, imite. Se caresse, prend du plaisir.

A tel point qu’il a envie de… Oui, oui ! Non… Oui, non ! Non! NAON ! Il ne peut pas, ne veut pas se laisser aller là comme ça, sur le canapé. C’est la panique, il ne sait pas ce qui va se passer. Ni comment, ni pourquoi. Et surtout combien. Combien bordel ?

Par peur d’en foutre partout, il interrompt sa jouissive activité et va se coucher…

Mais tout prochainement, il apprendra, sous la douche, qu’ il n’y a pas de gros souci à se faire côté quantité.

En quinconce

20 août 2012

Il l’a basculée à terre. Il a relevé sa jupe à volants et ôté sa petite culotte. Puis il est entré en elle. Doux et décidé dans ce besoin impératif et partagé de connaître, au sens biblique du terme. Un acte tout à fait banal en somme. Banal à l’exception de ce détail : ses doigts en quinconce entre les siens qui serrent,
dans une violence tendre,
l’instant présent.

Ce soir-là, et c’est peut-être le seul, il était amoureux. La femme sent ces choses. Si elle est anxieuse la majeure partie du temps, il est des moments de grâce où le doute n’est pas permis, où elle sait que l’homme est à sa merci.

Ce soir-là,
elle se sentait aimée,
c’était largement suffisant.

Minuit

29 août 2011

Deux corps.
Distincts.
Qui s’approchent de la rive.

Deux corps qui ont la chair de poule,
Qui s’immergent dans l’eau.
Leurs muscles se crispent,
Leurs bras se croisent sur leur poitrine
Et leur nuque se fige.

Deux corps qui nagent,
Gigotent, se frôlent et rient.
D’un rire sans promesse.
D’un rire qui ne construit pas
Mais qui vit,
Qui ose.

Deux corps.
Qui s’allongent sur la berge.
L’un contre l’autre.
L’un dans l’autre.
Un corps.

Il et elle

4 octobre 2010

Il boit
Fume
Joue.

Elle ne boit pas
Ne fume pas
Ne joue pas.

– Vous avez certainement un vice ?, l’interroge-t-il.
– Oui, mais bien caché, lui répond-elle.

Ils rient, leurs sexes frétillent.