Dans son plus simple appareil.
Prête à grimper sur la chaise.
A poser les pieds sur les étriers.
« Je marche toujours à pieds nus, excusez-moi… j’ai…j’ai les pieds secs… », lance-t-elle embarrassée au gynécologue.
« Vous savez, je ne regarde pas les pieds », lui répond-il.

Et elle sourit d’un sourire bête. Mais bête.

Parfois, il vaudrait mieux parler de la pluie et du beau temps, on aurait l’air moins con.

B.B.

9 décembre 2010

B.B.

De sa main habile et professionnelle, il avait éloigné mes genoux l’un de l’autre.

Jambes écartées, pieds dans les étriers, je m’efforçais de penser à autre chose. A mes cours, à mes amis, à mes lectures. J’essayais d’être détendue. Vraiment. Mais le concret de la situation rattrapait le fil de mes pensées.

J’étais nue.

De l’âme à la peau, de la peau aux muqueuses.

Face à un inconnu.

Un inconnu qui  venait de m’ausculter là où moi-même je n’étais jamais allée et qui, à cet instant précis, me palpait la poitrine. Tendue, pleine, ronde, bombée, dodue, blanche, fraîche et ferme comme une poitrine dans ses brèves années de gloire.
Malgré les désagréments, je concevais que cette première consultation gynécologique était essentielle. Que tout ça, c’était pour mon bien ! Naturellement.

Avec le recul des années cependant, je me demande si le « Vous avez la poitrine de Brigitte Bardot », accompagnant son geste de palpation, était tout à fait approprié…

Un chat est un chat me direz vous, mais quand même…