Soirée théâtre

21 octobre 2011

Maquillée, pomponnée, parfumée depuis bientôt une demi-heure, elle attend son mari sur le pas de la porte.

Lui,
devant le miroir,
imperturbable,
s’arrache les poils du nez.
Un à un.
Sans précipitation.

Un sourire forcé et insistant, faussement patient, le supplie de s’activer.

Toute son impatience se referme sur le trousseau de clefs qui lui colle dans la main. Surtout ne pas le brusquer, ne pas l’énerver. Ne formuler aucun reproche. Ni sur son éternel retard. Ni sur son accoutrement plutôt dépareillé. Ce soir, elle ne lui en tiendra pas rigueur puisqu’il fait, pour une fois, l’effort de l’accompagner. Certes, il ne manifeste aucune espèce de réjouissance et d’intérêt à voir la pièce. Mais il vient. Avec elle. Elle espère qu’il aura du plaisir. Ou tout moins qu’il ne s’endormira pas.

Son poing se resserre davantage, les clefs lui blessent la paume. Et son sourire continue à mentir.