A priori

16 février 2014

Elle traverse le train jusqu’au wagon première classe, dépeuplé en ce samedi après-midi. Elle n’y croise qu’un seul passager. Un monsieur distingué. Un banquier ou un homme d’affaires, pense-t-elle. Qui lui sourit avec les yeux, des yeux chaleureux et pétillants. Presque trop pour un banquier ou pour un homme d’affaires, se dit-elle. Et puis elle se trouve bête d’étiqueter comme ça les gens, d’avoir des a priori sur les banquiers et les hommes d’affaires.
Alors elle lui sourit à son tour.

Le train arrive en gare avant qu’elle n’ait trouvé une toilette fonctionnelle à bord de l’un des wagons. Elle descend sur le quai. D’un pas pressé, se dirige vers les toilettes publiques. Elle sort son porte-monnaie, y cherche une pièce qu’elle s’apprête à glisser dans la serrure lorsque le monsieur, le monsieur distingué de tout à l’heure, soudain vêtu d’un gilet orange pétant, lui ouvre la porte en lui souriant. De ce même sourire pétillant.
Ils se reconnaissent,
échangent quelques mots.

Elle lui souhaite une bonne journée, lui pareil ; et il reprend son service en poussant son chariot vers la cabine voisine pour la nettoyer.

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Mec

6 janvier 2014

Deux mecs, mec !
Dans le train, assis en face, mec.
De dix-sept ans, mec, p’t-être plus, p’t-être moins.
Deux mecs qui ponctuent toutes leurs phrases par un ou plusieurs mecs, mec.
C’est à peine croyable, mec. Un truc de ouf ! Pourtant c’est vrai, mec.
Entre Romont et Palézieux, mec, je compte 148 mecs.
148 mecs, mec, sortis de leurs bouches ! En 14 minutes.
Ce qui fait… Attends j’sors mon Iphone, mec : ce qui fait, arrondi à l’unité, mec, du 634 mecs/heure.
Et si tu m’crois pas, mec, ben t’as tort… Parce que j’ai des preuves, mec. Mec, tu m’prends pour qui ? Je les ai enregistrés les deux mecs, mec. Tu crois quoi, mec !