Alain Portner :
Et vous alors – oui, vous! – que feriez-vous s’il ne vous restait plus qu’un jour, un petit jour à passer ici-bas?

Mélanie Richoz : 
Je ferais exactement ce que je fais depuis vingt-quatre heures: je poserais cette même question à ceux que je croise, à ceux que j’aime. Je m’étonnerais de leur embarras. Nous ririons de leurs réponses que je mettrais sur papier, en vrac, comme ça: «L’amour!» , «Je regarderais des essais de rugby», «Je réglerais mes contentieux», «Rien», «Je m’promènerais tout nu en ville et m’offrirais aux passants», «J’mangerais des lasagnes», «Je m’envolerais pour l’Islande, boire un coup au sommet d’une montagne où personne ne m’trouverait» , «Du parapente et une turbosieste», «J’irais à Tignes voir Sandra, lui dire qu’elle a le plus beau fessier du monde. Je lui proposerais de lui faire l’amour avec une passion volcanique. Si elle dit oui, je la prendrais tendrement, par un torrent de caresses. Si elle dit non, j’irais manger un millefeuille», «Je m’achèterais des habits», «J’irais à la mer», «J’ferais la fête! On danserait! Et tu pourrais peut-être me prêter ton amoureux…» , «Je réunirais ceux que j’aime, nous ferions une grande bouffe dans un endroit vert au soleil et passerions nos morceaux préférés», «Je regarderais le ciel, les arbres…».
Et je leur dédierais ce texte.

Le 23 juin 2014, Migros Magazine

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Quand je parle d’amour…

7 septembre 2011

« Quand je parle d’amour, on rigole.
Et je ne comprends pas pourquoi. »

 Dixit un petit patient de sept ans

Un vélo passe

17 juin 2011

Un vélo passe.
Le printemps.
L’horloge de la cuisine martèle les secondes.
Seule.
Chez moi.
Face à la vitre.
Face à la vie.
Mon risotto attend.
Mijote.
Je vais bien.
Mais où vais-je ?

B.B.

9 décembre 2010

B.B.

De sa main habile et professionnelle, il avait éloigné mes genoux l’un de l’autre.

Jambes écartées, pieds dans les étriers, je m’efforçais de penser à autre chose. A mes cours, à mes amis, à mes lectures. J’essayais d’être détendue. Vraiment. Mais le concret de la situation rattrapait le fil de mes pensées.

J’étais nue.

De l’âme à la peau, de la peau aux muqueuses.

Face à un inconnu.

Un inconnu qui  venait de m’ausculter là où moi-même je n’étais jamais allée et qui, à cet instant précis, me palpait la poitrine. Tendue, pleine, ronde, bombée, dodue, blanche, fraîche et ferme comme une poitrine dans ses brèves années de gloire.
Malgré les désagréments, je concevais que cette première consultation gynécologique était essentielle. Que tout ça, c’était pour mon bien ! Naturellement.

Avec le recul des années cependant, je me demande si le « Vous avez la poitrine de Brigitte Bardot », accompagnant son geste de palpation, était tout à fait approprié…

Un chat est un chat me direz vous, mais quand même…

La routine

15 novembre 2010

Les bonnes choses qui se répètent deviennent une routine.
Mais la routine, parfois, est une bonne chose, non ?