Bonnet à pompon, mitaines et grosse écharpe. Il neige. Elle marche sur le trottoir. Seule.

Derrière les vitres des cafés, les clients ont l’air de s’amuser, de s’aimer. Ils se retrouvent entre amis. Au chaud. Dans l’absolu, elle aurait envie de faire partie de l’un de ces groupes et pourquoi pas d’un groupe à deux, avec un garçon.

Mais lorsqu’elle y regarde de plus près, dans ces groupes à deux justement, il y en a souvent un qui semble être ailleurs. Qui se tapote la cuisse avec la paume de la main, comme pour battre le temps. Qui fouille du regard. Qui s’ennuie. Qui cherche quelque chose d’introuvable et d’absent.

Et lorsqu’elle se retrouve, par chance ou par malchance, derrière les vitres des cafés, au bistrot, au chaud, c’est elle qui recherche ce quelque chose. Elle regarde dehors, les passants solitaires qui volent au gré du vent.

Bonnet à pompon, mitaines et grosse écharpe. Il neige. Elle marche sur le trottoir. Seule

Problème de math

17 mars 2011

Données

L’addition est de frs 56.40. Le garçon met frs 30.- sur la table, la fille aussi. Le garçon reprend un billet de frs 10.-, le lui tend et lui demande, en échange, frs 5.-. «Comme ça je mets un peu plus que toi, vu que j’ai un peu plus consommé.», dit-il. La fille repousse ferme le geste et la proposition du garçon : «On fait moitié-moitié et c’est tout.». Le garçon esquisse un sourire vainqueur qui s’efface au moment où la serveuse encaisse : la fille arrondit la somme à frs 60.-. Le pourboire est de frs 3.60. Il grimace. C’est subtil, léger mais évident. La serveuse amène un doggy bag au garçon qui n’a quasiment pas touché son assiette et les invite à quitter les lieux, c’est l’heure de la fermeture.

Le garçon se lève. Debout, en enfilant sa veste, il boit son eau gazeuse en grosses gorgées qui menacent de l’étouffer. En catimini, pendant que la fille galère avec son écharpe, il saisit, comme un voleur, le ticket du restaurant et le glisse dans la poche de son pantalon avant d’avaler la dernière gorgée d’eau minérale qui le fait tousser. Il rejoint la fille, elle l’attend sur le pas de la porte.

La fille raccompagne le garçon en voiture. Le garçon préférait ne pas utiliser la sienne parce que, de 1, elle n’est pas sienne, de 2, les pneus sont lisses et de 3, il n’aime pas conduire la nuit, surtout par temps de pluie.

 


Problème

Si la distance de freinage est de 15 mètres pour une vitesse moyenne de 50km/heure (coefficient de 0.7 puisque ce soir-là, il ne pleut pas tant que ça), combien de temps, en secondes, faudra-t-il à la fille pour éjecter le garçon de 33 ans de son véhicule, sachant que celui-ci habite chez ses parents ?

Flirt savoureux

23 août 2010

Les anniversaires éclosent comme des pissenlits au printemps, un vrai bouquet de fêtes auxquelles me convie mon compagnon. Flirt savoureux, exquis. Torride. Un seul mot chuchoté, soufflé au creux de mon oreille, et je perds pied. Séduisant au possible, pétillant et exubérant, il intrigue les essaims de couples qui butinent toujours la même fleur.

Une véritable histoire d’amour, de l’Amour sans histoires.

Pas un soupçon de jalousie, ni d’ennui, ni d’attentes, ni de reproches, ni de mauvais sorts jetés, ni d’engueulades de fin de soirée. Plus de nuitée à l’auberge des culs tournés.

Si une conversation avec un autre homme devient généreuse en affinités, il sourit. Si la compagne de l’homme en question écartèle ses nasaux fumants et frappe du pied comme un taureau à l’assaut, il rit. Ensemble, on s’esclaffe quand on se remémore l’époque où j’étais affiliée au clan des jalouses. Délicieuse complicité.

Il m’aime un peu… beaucoup… passionnément… à la folie ! A la folie ? Mon célibat à moi m’aime à la folie ?