C’est le printemps.

Le soleil ôte sa grosse écharpe et montre gaiement ses dents-de-lion. Le gazouillement des oiseaux donne envie de siffler. De chanter.

Les pétasses fleurissent.

Elles ont à peine vingt ans. Sont plus belles que l’été, plus belles que jamais. Elles ont l’air de tulipes élancées, légères, fraîches et fragiles. Leur parfum neuf et leurs couleurs éclatantes, parfois exubérantes, ne donnent qu’une envie, celle de les cueillir.

Jeunes et innocentes, leur tige est dépourvue de piques. Elles deviendront roses dans quelques années, lorsque qu’elles se seront défendues du supplice et de la douleur qu’impose l’amour.

Arrosez-les d’amour, damoiseaux! De surprises, de bonheur et non de larmes. Elles couleront bien assez tôt.

 

 

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Clown

6 avril 2011

« C’est toi.
T’es déguisée en clown
Parce que t’es marrante
Et qu’on dirait que t’es une fleur…
Même si t’es un clown

Moi, j’ai peur des clowns
Mais j’ai pas peur de toi »

6.4.11, en ergo

A contre-coeur

22 septembre 2010

Sans que je n’achète ni n’arrose aucune plante, l’été dernier, ma terrasse était fleurie. Vivante. Gaie. Un petit paradis. Mon voisin, un vieux fou, avait pris l’habitude de soigner avec amour ce coin de jardin qui, finalement, était devenu plus sien que mien. Les joues empourprées, entre deux arrosoirs, il me murmurait discrètement : « Mes préférées sont les Impatientes de Guinée, de très belles fleurs, comme vous ». Et je souriais bêtement.

Cette année, sur ma terrasse, seules quelques mauvaises herbes survivent dans les pots de terre séchée, craquelée. Un cimetière. La mort des couleurs, des surprises, des poèmes. Je n’y trouve plus rien, à l’exception de ce que j’aurais pu y laisser traîner.

Le vieux fou est décédé.

Malgré ses valeurs que j’abhorrais (c’était un négationniste avéré), entre paradoxe et ineptie, une complicité s’était créée, sans doute inhérente au respect de l’âge et à la loi du voisinage. A contre cœur, j’avais de l’affection pour ce vieux dément amoureux des mots. C’est con. Aussi con que d’avoir imaginé que la statue, sur son balcon, était celle de Mussolini alors que c’était celle de l’Abbé Bovet.

La fleur du bitume

18 juillet 2010

Confidences à cette autre femme, cette fleur du bitume cueillie au passage.
Dans son cœur, il déverse son chagrin.
Dans son corps, sa rage ou son désarroi, ou les deux à la fois.
Elle éponge sa peine.
Il paie et s’en va.
La fleur du bitume referme les pétales sur son cœur jusqu’au prochain écorché en quête de réconfort.