Autoportrait

1 mars 2012

Ce cher petit Samuel dessine.

 

Un autorportrait. Que de couleurs. Que de vie. Des yeux qui pétillent. Des grosses lunettes. Des bras sans fin. Un détail phallique prédominant. Surdimensionné. Colorié et investi avec une application certaine.

– Génial ton dessin, Samuel ! M’exclamé-je.
–  Merci. Tu sais quoi ?
– Non.
– Il est pour toi.
– Ah oui ?
– Oui. Mais si tu veux, je peux effacer le zizi.
– Ah, ben non. Si tu l’as dessiné, c’est que ça doit être important.
– Oui, c’est mon zizi et je l’aime.

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J’aime bien ton appartement

30 décembre 2011

Toujours le même petit Samuel (mais qui, depuis le temps, a fêté ses six ans) aimerait, de tout son cœur, voir mon appartement. Si gentiment et si clairement demandé, j’accepte. L’y invite.

Dans cette brève visite, il lâche : « Je pourrai venir habiter chez toi quand tu seras morte ? ». Comme à son habitude, sa spontanéité me cloue le bec. Impossible de répondre. « Parce que j’aime bien ! », ajoute-t-il, contemplatif et songeur. Je bredouille : « Pourquoi pas… Mais je, je… compte vivre encore quelques années. Enfin, j’aimerais bien. Ça risque d’être long, tu sais. »

Samuel n’entend pas (suis-je déjà morte ?). Le regard plongé vers la ligne d’horizon qui épouse le Moléson, il ajoute, le plus naturellement du monde : « Et pis je garderai tes deux chats. Ça plaira à ma femme d’avoir deux chats. »

Bon nombre d’abrutis

9 octobre 2011

La prise des repas est laborieuse pour Le p’tit Samuel. Il se lève de table, renverse son verre, mange avec les doigts et se salit à chaque repas.

Afin d’entraîner l’utilisation de couteau et fourchette, il prend aujourd’hui son goûter en thérapie. Des p’tits pains au lait ! Je salive, m’extasie :
« Mmmee, ça a l’air bon ! ».

Gentleman (comme à son habitude), il me tend l’assiette, surplombée de morceaux à peine découpés :
« Fais comme chez toi ! Sers-toi. ».

Puis il chantonne :
« Tiens, je pourrais même nous préparer une deuxième assiette. »
Et, appliqué, il continue sa tâche.

Je lui propose un sirop qu’il accepte d’une fine politesse.

Un joli moment.
Il est content. Moi aussi.

« T’es un amour, Samuel : tu partages, tu dis s’il te plaît, merci… Un amour ! ».

« Oh, mais tu sais, je partage pas avec tout le monde », rétorque-t-il.
« Ah, non ! Pourquoi ? », demandé-je.
« Parce qu’il y a quand même bon nombre d’abrutis qui emmerdent le monde. », lance-t-il d’une petite voix spontanée avant de mordre à pleines dents dans un morceau de petit pain.

Comme Michael Jackson

16 septembre 2011

L* : Tu sais, j’ai un peu des problèmes de caca, moi.
Mélanie : Ah oui…
L* : J’ai des ptits vers blancs…
M. : … Alors tu prends des médicaments ?
L* : Oui, mais pas trop…
M. : …
L* : Pas trop parce que sinon je vais finir comme Michael Jackson (d’un geste de la main, accompagné des bruits « zioup » puis « paf », la petite L* mime la « chute » de Michaël Jackson)

Dix contre un

16 septembre 2011

E * : C’est dur l’école, Mélanie ! Pfffeee.
M : Ah oui, pourquoi ?
E*: J’ai dix amoureux mais j’en aime que un…
M : …
E* : Et à la récré, ils me font tous des coeurs avec leurs mains pour que je les aime.

Quand je parle d’amour…

7 septembre 2011

« Quand je parle d’amour, on rigole.
Et je ne comprends pas pourquoi. »

 Dixit un petit patient de sept ans

–   Mélalie, et pourquoi t’as pas de mari ? Me demande le P’tit Samuel.
–   Parce que… Parce que… Parce que les adultes ont peur parfois.
–   Peur ?
–   Oui, peur d’aimer.
–   Tu sais ce que tu dois lui dire, Mélalie, à ton amoureux ?
–   Non.
–   « N’aie pas peur !»
–   …
–   Ensuite, tu lui donnes un cadeau d’amoureux : une bague et une montre.
–   …
–   Après, tu l’embrasses.
–   …
–   Tu le maries.
–   …
–   Tu fais des enfants. Et…
–   Et ?
–   T’achètes un chat et des poissons. Mais attention que le chat ne bouffe pas les poissons.
–   Un dernier petit conseil ?
–   Tu lui proposes de faire pompier ou espion, ça lui fera plaisir. Un gentil
espion ou un espion de guerre. Ça, c’est lui qui choisit.

Blonde ou brune ?

1 juin 2011

« Je peux me dessiner avec des cheveux bruns ?
J’aime pas mes cheveux blonds…
ça brille trop dans la nuit ! »

– T’as pas d’enfants, Mélalie ? Me demande Samuel, l’un de mes petits patients de cinq ans.
– Non, Samuel.
– Pourquoi t’as pas d’enfants ?
– Parce que… parce que… parce que je n’ai pas de mari.
– Désolé, cocotte ! Mais moi j’peux pas t’embrasser.
– ?
– Je garde mon amour pour Michèle.
– Ton amour pour Michèle ?
– Oui, je garde mes petites graines pour elle.
– Bien. Dis, elles sont où tes petites graines ?
– J’te dis pas. Tu vas te moquer.
– Samuel, je ne vais pas me moquer. Tu sais bien. On ne se moque pas des gens qui parlent d’amour.
– Ben, elles sont là.
– (…)
– Mais tu sais, Mélalie, si un jour Michèle m’aime plus ou si elle tombe amoureuse de quelqu’un d’autre, j’serai libre. Alors là, je pourrai t’embrasser.

Clown

6 avril 2011

« C’est toi.
T’es déguisée en clown
Parce que t’es marrante
Et qu’on dirait que t’es une fleur…
Même si t’es un clown

Moi, j’ai peur des clowns
Mais j’ai pas peur de toi »

6.4.11, en ergo