Quand je parle d’amour…

7 septembre 2011

« Quand je parle d’amour, on rigole.
Et je ne comprends pas pourquoi. »

 Dixit un petit patient de sept ans

Minuit

29 août 2011

Deux corps.
Distincts.
Qui s’approchent de la rive.

Deux corps qui ont la chair de poule,
Qui s’immergent dans l’eau.
Leurs muscles se crispent,
Leurs bras se croisent sur leur poitrine
Et leur nuque se fige.

Deux corps qui nagent,
Gigotent, se frôlent et rient.
D’un rire sans promesse.
D’un rire qui ne construit pas
Mais qui vit,
Qui ose.

Deux corps.
Qui s’allongent sur la berge.
L’un contre l’autre.
L’un dans l’autre.
Un corps.

Le roitelet huppé

13 mai 2011

Rencontrer quelqu’un. Pour de vrai. Suite à de vrais élans. Dans de vrais échanges. Avec une vraie intention. C’est difficile (abstrait, abstrus, ardu, calé, compliqué, dangereux, délicat, douloureux, dur, embrouillé, énigmatique, épineux, ésotérique, exigeant, hermétique, impossible, infaisable, ingrat, insupportable, insurmontable, laborieux, lourd, malaisé, pénible, précieux, préoccupant, rétif, risqué, rude). Bref, l’horreur.

Par quoi commencer ?
Que dévoiler ?
Que taire, que cacher (on a tous des choses à cacher) ?

Entre malaises et palpitations, les sujets loufoques regorgent. Futiles. Comme si nous cherchions, outre l’auto-sabotage (eh oui!), des points communs dans l’absurde. Pour être bêtes ensemble ? Quoiqu’il en soit nous sommes amenés, lui et moi, à parler des proies fétiches de nos chats respectifs : le roitelet huppé prend gaiement sa place dans la conversation (il siffle, il chante, le malin).
Ça a l’air banal et insignifiant mais ça ne l’est pas. Puisque mon chat dépose sur ma couette, le lendemain, en premier cadeau de printemps, la dépouille de l’animal en question.

Cet oiseau est-il un signe ? De bon présage peut-être? En même temps, ce pauvre roitelet huppé est tout froid. Mort. Egorgé. Déplumé.

Dans ma chambre, des plumes volent.
Dans ma tête, des questions.

Un cappuccino ?

2 mai 2011

« Tout ce qu’on fait avec amour, on le fait bien.
Je te fais un cappuccino ? »

Emilio

La petite larme

15 février 2011

Les personnes âgées ont une petite larme qui stagne au coin de l’œil. Une larme prête à perler. Une douce lueur d’espoir. Leur regard taquin, complice et fatigué, est d’une tendresse apaisante. Malgré le poids des ans qui courbe leur dos et sculpte leur visage, on devine dans leurs yeux humides l’innocence des enfants et le pétillement malicieux des amoureux.

Les vieux sont amoureux.

Comme si, après bonheurs et obstacles partagés, surmontés, ils succombaient à nouveau aux charmes de leur conjoint, si vieux soit-il.

Cette petite larme est peut-être le symbole d’un amour débordant.
Cette petite larme qui leur permet de voir l’essentiel…

 

 

 

Côte à côte

25 janvier 2011

Elle, assise à une table. Lui, à une autre. Côte à côte. Ils vaquent à leurs activités. Feuillettent journal et magazine. En lisent quelques passages. Tapotent sur leur téléphone portable.

Par pur hasard, elle tourne la tête. Lui aussi. Ils se regardent.

Sur leurs lèvres, un sourire discret mais franc. Tendre.

Il se crée entre eux un espace de bonheur. Elle et il le respirent. Inconnus. Silencieux. Elle et il s’aiment. Aussi absurde que cela puisse paraître. D’un amour qui prend son temps, même s’il est éphémère et qu’il meurt déjà.

Elle se lève. S’en va.

Elle aimerait qu’il la retienne. L’appelle. L’accoste. Et, paradoxalement, écourter cet instant est la meilleure manière de le protéger. De le préserver. De le déguster.