Une bise

29 juillet 2010

Une bise, une seule. Sur la joue. Une bise qui se veut anodine mais qui ne l’est pas. Qui remplace les baisers et les gestes tendres. Qui dit que l’on a compté l’un pour l’autre.

Lui, cette bise le soulage. Elle confirme le choix de leur séparation et la possibilité d’une complicité particulière. Privilégiée.

Elle, cette bise l’encourage à croire que tout est encore possible. Une bise, une seule, c’est prometteur, non ?

Il la connaît. Il sait ce qu’elle ressent, ce qu’elle espère, ce qu’elle projette. Alors il prend peur et cette bise qui se voulait de réconfort devient pour lui une bise de politesse et de malaise.

Elle le connaît. Elle sait ce qu’il ressent, ce qu’il craint, ce qu’il rejette. Elle. Alors cette bise, cette unique bise claque en écho dans son cœur comme une gifle sur sa joue.

Une bise. Une bise et c’est tout. C’est tout. C’est tout. Une bise qui remplace les baisers et les gestes tendres. Qui dit que l’on a compté l’un pour l’autre. Qui dit que le passé, c’est le passé.

Une bise qui finira par tripler.