Alain Portner :
Et vous alors – oui, vous! – que feriez-vous s’il ne vous restait plus qu’un jour, un petit jour à passer ici-bas?

Mélanie Richoz : 
Je ferais exactement ce que je fais depuis vingt-quatre heures: je poserais cette même question à ceux que je croise, à ceux que j’aime. Je m’étonnerais de leur embarras. Nous ririons de leurs réponses que je mettrais sur papier, en vrac, comme ça: «L’amour!» , «Je regarderais des essais de rugby», «Je réglerais mes contentieux», «Rien», «Je m’promènerais tout nu en ville et m’offrirais aux passants», «J’mangerais des lasagnes», «Je m’envolerais pour l’Islande, boire un coup au sommet d’une montagne où personne ne m’trouverait» , «Du parapente et une turbosieste», «J’irais à Tignes voir Sandra, lui dire qu’elle a le plus beau fessier du monde. Je lui proposerais de lui faire l’amour avec une passion volcanique. Si elle dit oui, je la prendrais tendrement, par un torrent de caresses. Si elle dit non, j’irais manger un millefeuille», «Je m’achèterais des habits», «J’irais à la mer», «J’ferais la fête! On danserait! Et tu pourrais peut-être me prêter ton amoureux…» , «Je réunirais ceux que j’aime, nous ferions une grande bouffe dans un endroit vert au soleil et passerions nos morceaux préférés», «Je regarderais le ciel, les arbres…».
Et je leur dédierais ce texte.

Le 23 juin 2014, Migros Magazine

Recueil de nouvelles

Bain et la Douche froide_couv

11 x 20 cm, 128 pages, broché ISBN 978-2-8321-0601-3 CHF 19. 

« Elle fait des va-et-vient le long de la petite plage, sans pouvoir s’arrêter. Elle essaie de rester calme. Elle est eau, elle est douceur. Mais rage à l’intérieur. Torrent. Pendant que sa voix sourit dans le combiné, pendant que sa voix d’ingénue ment, elle pleure. »

Vernissage

jeudi 10 avril 2014, 18h30-20h (lecture d’extraits, 19h-19h30) Café de l’Ancienne Gare, 1701 Fribourg

 

Merci à Baptiste Cochard pour la couverture et la bande annonce 
www.atelierdetour.ch

Dédicaces

samedi 12 avril 2014, Le Vieux Comté à Bulle, 10h-13h samedi 3 mai 2014, Le Salon du livre à Genève, 14h30-16h samedi 24 mai 2014, Payot à Sion, 14h30-16h samedi 5 juillet 2014, La Fête du Livre à Gruyères, 17h-18h vendredi 5 au dimanche 7 septembre 2014, Le Livre sur les Quais à Morges

Lectures

Mélanie Richoz, l’auteur, et Emilie Zoé, guitariste, livrent une lecture à deux voix.
Entre musique et silence. 
Entre ombre et lumière. Entre elles et vous.

Durée de la lecture : 50 minutes
Lectures : Mélanie Richoz et Emilie Zoé
Guitare : Emilie Zoé

samedi 5 juillet 2014, La Fête du Livre à Gruyères – Au Bonnet Rouge, 16h (en solo)

vendredi 22 août 2014, Le Port à Fribourg, 21h (en duo avec Emilie Zoé à la guitare qui lira aussi quelques textes Bain et la Douche froid)

dimanche 7 décembre 2014, 20h30 (ouverture des portes 20h), Ebullition à Bulle (en duo avec Emilie Zoé à la guitare)

mardi 16 décembre 2014, 18h30, BCU à Fribourg (en duo avec Emilie Zoé à la guitare)

dimanche 5 avril 2015, 18h, Café Littéraire à Vevey  (en duo avec Emilie Zoé à la guitare)

Vendredi 26 juin 2015 à 17h30 à la Librairie Raspoutine à Lausanne

Des informations supplémentaires suivront à propos des lectures et de futurs événements 
qui se présenteraient...
Merci à Olivier Havran pour son coaching lecture et à Vafsa.ch pour son soutien 
financier.

Salons

samedi 3 mai 2014, Le Salon du livre à Genève vendredi 5 au dimanche 7 septembre 2014, Le Livre sur les Quais à Morges

vendredi
15h30-17h30 Dédicaces
samedi
11h00-13h00 Dédicaces
15h00-16h30 Dédicaces
17h15-18h30 Jukebox littéraire à la cave de Couvaloup, avec Odile Cornuz, 
accompagnées d'Alain Bagnoud, Mélanie Richoz, Sylvain Thévoz et de Robert Sandoz
19h00-20h00 Dédicaces
dimanche
10h00-11h30 Dédicaces
13h30-15h30 Dédicaces
16h30-17h45 Table ronde "Saisir l'intime"  au Musée Alexis-Forel, Grand-Rue 54, 
avec Béatrice Monnard, Mélanie Richoz et Marielle Stamm, et animée par Nadine Mabille
18h00-19h00 Dédicaces

mardi 25 au dimanche 30 novembre 2014, Les Petites Fugues en Franche-Comté  samedi 7 février 2015, Speed Dating Littéraire à l’Ancienne Gare de Fribourg

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Quelques mots d’Annie Ernaux au sujet du Bain et la Douche froide

Presse

Espace 2

Entre les lignes

Avec Marlène Métrailler et Jean-Marie Felix

Emission du 17 mars 2015

« La nouvelliste fribourgeoise souffle le chaud et le froid, en virtuose.

Ses créatures valdinguent dans tous les sens… Et tourne le manège de la cruauté ordinaire.

Ses personnages sont le plus souvent murés dans la solitude. Des hommes, des femmes. La plus âgée a 103 ans, les plus jeunes une dizaine d’années. Largués. Décalés. Ils ont en commun l’altérité, des voix singulières. Peinent presque tous à verbaliser leurs maux. N’en sont pas moins dignes dans leur genre. Autour d’eux, selon son humeur, Mélanie Richoz taille les silences, creuse le vide, pose des pièges ou aménage des passerelles.

L’auteure ne s’embarrasse pas de décors. Elle aime toutefois allumer la mèche de ses histoires sur des seuils, devant des portes entrebâillées – de préférence grinçantes et aux gonds mal huilés -, des embrasures qui donnent vers des intérieurs tamisés. Elle a le don aussi pour planter son lecteur à contrejour… A partir de là, elle suggère. Elle donne des pistes. Raconte en pointillés. Des horreurs parfois. Elle cisèle la langue. La pimente de jurons, de frivolités ou de néologismes si nécessaire. Il lui arrive de régler des comptes. Mine de rien, elle fait mouche, vous alpague par surprise et avec grâce. »

Marlène Métrailler

« De sa plume directe, concise, précise, chirurgicale, Mélanie Richoz fouille dans nos entrailles pour aller frapper directement au coeur. Une écriture où l’économie de mots rend ceux-ci encore plus efficaces, plus puissants. Finalement que c’est bon l’économie. »

Le 4 mars 2015, Les lectures du Hiboux

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Le 13 décembre 2014, La Liberté

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Le 6 décembre 2014, La Gruyère

Radio Fribourg

Le Rendez-vous Culture

Avec Laurent Michel

Emission du 1er.12.14

« L’art de la nouvelle est difficile, il faut ce point de tension rapide, cette chute crédible, saisir l’humanité des personnages en quelques lignes. Mélanie Richoz est experte en la matière, un recueil à découvrir, rapidement! »

Le 30 octobre 2014, L’Insatiable Charlotte

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5-7 septembre, Tribune de Genève

 

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Le 2 juillet 2014, Marie Claire

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Le 15 juin 2014, Fémina, Nicolas Poinsot

La Télé

L’actu de midi

avec Zelda Chauvet

Emission du 5 septembre 2014

RTS

Dernier rêve avant la nuit

Avec Victoria Turrian

Emission du 20 août 2014

RTS

Dernier rêve avant la nuit

Avec Victoria Turrian

Emission du 11 août 2014

La Télé

Culture Mix

avec Zelda Chauvet

Emission du 5 juin 2014

RTS

Dernier rêve avant la nuit

Avec Céline O’Clin

Emission du 17 juin 2014

RTS

Entre nous soit dit

Avec Mélanie Croubalian

Emission du 15.5.2014

RTS

Dernier rêve avant la nuit

Avec Carine Delfini

Emission du 15 et 17.5.2014

2014-04-12 15.27.51 « Les plus courtes sont toujours les meilleures. Mélanie ne contredirait pas l’adage, elle qui publie Le Bain et la Douche froide, un recueil de 24 nouvelles aussi lapidaires qu’intrigantes. Pas toujours drôles, non, mais souvent acerbes, piquantes, enlevées, désespérées, cruelles et poétiques. Après l’incongru et stimulant roman Mue publié l’an passé, la Fribourgeoise renoue avec la forme brève dans ces nouvelles qui sont autant de chroniques où se construisent des mondes justes assez invraisemblables pour que l’on ait envie d’y croire. (…). Bien sûr, l’on pourrait faire reproche à Mélanie Richoz d’avoir le souffle court. Elle qui confiait l’an passé à La Liberté écrire comme « à tâtons » touche pourtant juste : ses saynètes en disent plus long que ce que leur nombre de pages laisse supposer. « On ne décide pas de devenir écrivain, mais d’écrire », fait-elle dire à l’un de ses personnages. Qu’elle continue donc. »

Le 12 avril 2014, La Liberté, Thierry Raboud

Vigousse 2.5

Le 2 mai 2014, Vigousse Alinda Dufey

Nouvelliste

Le  15 mai 2014, Le Nouvelliste / L’Express et L’Impartial Audrey Carron

1924598_10202970982610885_6722624433620826861_nLe 25 avril 2014,  Le Messager, Valérie Blom

«Dans chaque nouvelle, il y a beaucoup de noirceur mais aussi beaucoup de lumière! J’avais un peu peur que ça fasse midinette, au départ, mais ça ne l’est en fait pas du tout». Fraîchement auteure du livre Le Bain et la Douche froide, Mélanie Richoz est une Fribourgeoise bien connue des Francs-Montagnards. Active dans le giron culturel romand, la jeune Bulloise est une bonne amie du chanteur taignon LiA, alias Félicien Donzé, pour lequel elle a écrit trois chansons de ses deux albums solo. Rien d’étonnant si le Jura s’intéresse désormais à son dernier ouvrage, paru en mars dernier aux Editions Slatkine. Au coeur d’un recueil de 24 nouvelles, ils retrouveront sans peine la verve d’une plume contemporaine, glissant aisément entre sombres ambiances et grivoiserie.

De la pénombre à la lumière Ergothérapeute spécialisée en pédiatrie, Mélanie Richoz est ainsi une rédactrice passionnée à ses heures, grande adepte des récits courts. A la suite de textes divers et chroniques locales, Le Bain et la Douche froide est son quatrième opus. Pour qui a fredonné Le Courant d’air, La Libellule ou Asphalte de LiA, la malice plumitive signée Richoz n’est donc point inconnue. Après un essai théâtral, puis deux romans, l’auteure met aujourd’hui les bouchées doubles via 24 nouvelles. Des histoires fugaces, indépendantes l’un de l’autre, mais à lire, si possible, à la suite. «Certaines d’entre elles ont quelque chose en commun». De l’une à l’autre, Mélanie traite des thématiques fortes telles que la fausse-couche, le racisme ou le suicide auprès des jeunes. Des sujets de sociétés certes austères, mais auxquels l’auteure assène chaque fois un espoir tangible. «Ce qui me permet d’aller autant vers la noirceur, c’est que les personnages sont plein d’amour et de lumière. Il y a beaucoup de personnages enfantins et adolescents».

Du racisme à l’érotisme Parmi ces atmosphères contrastées: deux nouvelles érotiques, dont Comme des enfants sauvages qui épient le monde dans l’embrasure d’une porte. Ingénument, les jeunes héroïnes s’y adonnent lascivement aux amours saphiques. Un récit sous forme d’exploration, principalement; pudiquement exposé, sans la moindre vulgarité. «C’est très érotique, mais pas sexuel. Parce que même si ça dit vraiment les choses, ç’est présenté comme une découverte». Objet de lecture lors du récent vernissage, à Fribourg, la nouvelle a vivement interpellé le jeune public masculin: «Certains m’ont dit qu’ils ont adoré savoir comment ça se passait pour une fille…».

Le 23 avril 2014, Arc  Hebdo Salomé Di Nuccio

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Le 18  avril 2014, Le Courrier, Marc-Olivier Parlatano

RTS

Dernier rêve avant la nuit

Emission du 24.4.2014

« La douceur ne reste jamais bien loin, car même si la violence des uns envers les autres, l’injustice ou la vengeance l’emportent parfois, ce sont les gouttes de vie qui restent et réveillent… et les espoirs pointent joliment le bout de leur nez sous forme de paire de chaussures dans une entrée… « 

Le 16 avril 2014, Blablamia, Séverine

 

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Le 8 avril 2014, La Gruyère Angélique Rime

 

« Mélanie, ton « bain et la douche froide » qu’est ce que je l’ai aimé. Je l’ai tellement aimé que cela fait bientôt deux semaines que je le lis, le relis, le re-relis. Deux semaines où je puise dans ton eau pour trouver les mots et tenter de faire tant bien que mal un billet. Deux semaines que je n’arrive pas à en parler. Deux semaines… (…) Mélanie, tes phrases, ton style, ta prose, ta musicalité… Et toujours ce sentiment d’urgence, de vivre la vie intensément, goulument. »

Le petit carré jaune, Sabine

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Le 3 avril 2014, L’Hebdo Isabelle Falconnier

  Elle a prêté sa plume à l’artiste loitchou LiA, alias Félicien Donzé. La Gruériene Mélanie Richoz a en effet signé les chansons «Si j’étais un courant d’air» ou «La libelule». Elle sort aujourd’hui un recueil de 24 nouvelles aux éditions Slatkine; de petites histoires traitant de sujets très divers comme la fausse couche, l’amour paternel ou l’homosexualité. Intitulé «Le Bain et la Douche froide», le quatrième ouvrage de cette jeune et prometteuse auteure est disponible en librairie depuis fin mars.(per)

Le 1er avril 2014, Le Franc-Montagnard

 

« Mélanie Richoz avait beaucoup de choses à écrire. Elle les a écrites tout simplement, parfois crûment. Elle s’est écoutée et le genre de la nouvelle courte convenait parfaitement à tous ces propos qu’elle voulait tenir. A la lire, il n’est pas besoin de se demander si l’élan pour écrire lui a été donné. »

Le 28 mars 2014, Le Blog de Francis Richard

 

Radio Fribourg

À l’Ombre du Baobab

Avec Laurent Michel

Emission du 26.3.2014

Sélections prix rts sélection Coups de coeur des Libraires, chez Payot à Sion et au Vieux Comté, à Bulle COUP DE COEUR coup coups de coeurs la rumeur

Coups de coeur des bibliothécaires du canton de Fribourg

Gougaud, Henri. Le roman de Louise. Paris: Albin Michel, 2014. Kerninon, Julia. Buvard. Arles: Rouergue, 2014. Nothomb, Amélie. Pétronille. Paris: Albin Michel, 2014. Richoz, Mélanie. Le bain et la douche froide. Genève: Slatkine, 2014. Torreton, Philippe. Mémé. Paris: L’Iconoclaste, 2014.

Un bonbon

18 février 2014

Ruben, mon petit voisin de sept ans, a la fâcheuse tendance à me tendre les pires embûches, à commencer par les pétards sur ma terrasse et les boules de neige en pleine figure quand je sors de ma voiture.

Il a aujourd’hui la pupille malicieuse.

– Dis, tu veux des bonbons au coca? me demande-t-il en dessinant des huit sur le bitume avec ses baskets à roulettes.
– Je… C’est une farce ? T’as rempli ton paquet de neige ?
– Non, non, on les a achetés au kiosque. C’est super bon. Tiens !

Et dans ma paume des sucreries en nombre. Roses et difformes. Que j’avale avec un plaisir aussi fou qu’improbable. Nos mâchoires empâtées et gourmandes s’orchestrent. Sourient. Sur le parking, devant la maison, un vrai moment de bonheur.

Ça sent le printemps…

… Le printemps où les filles oublient de craindre les garçons.

 

A priori

16 février 2014

Elle traverse le train jusqu’au wagon première classe, dépeuplé en ce samedi après-midi. Elle n’y croise qu’un seul passager. Un monsieur distingué. Un banquier ou un homme d’affaires, pense-t-elle. Qui lui sourit avec les yeux, des yeux chaleureux et pétillants. Presque trop pour un banquier ou pour un homme d’affaires, se dit-elle. Et puis elle se trouve bête d’étiqueter comme ça les gens, d’avoir des a priori sur les banquiers et les hommes d’affaires.
Alors elle lui sourit à son tour.

Le train arrive en gare avant qu’elle n’ait trouvé une toilette fonctionnelle à bord de l’un des wagons. Elle descend sur le quai. D’un pas pressé, se dirige vers les toilettes publiques. Elle sort son porte-monnaie, y cherche une pièce qu’elle s’apprête à glisser dans la serrure lorsque le monsieur, le monsieur distingué de tout à l’heure, soudain vêtu d’un gilet orange pétant, lui ouvre la porte en lui souriant. De ce même sourire pétillant.
Ils se reconnaissent,
échangent quelques mots.

Elle lui souhaite une bonne journée, lui pareil ; et il reprend son service en poussant son chariot vers la cabine voisine pour la nettoyer.

Mec

6 janvier 2014

Deux mecs, mec !
Dans le train, assis en face, mec.
De dix-sept ans, mec, p’t-être plus, p’t-être moins.
Deux mecs qui ponctuent toutes leurs phrases par un ou plusieurs mecs, mec.
C’est à peine croyable, mec. Un truc de ouf ! Pourtant c’est vrai, mec.
Entre Romont et Palézieux, mec, je compte 148 mecs.
148 mecs, mec, sortis de leurs bouches ! En 14 minutes.
Ce qui fait… Attends j’sors mon Iphone, mec : ce qui fait, arrondi à l’unité, mec, du 634 mecs/heure.
Et si tu m’crois pas, mec, ben t’as tort… Parce que j’ai des preuves, mec. Mec, tu m’prends pour qui ? Je les ai enregistrés les deux mecs, mec. Tu crois quoi, mec !

LE POINT DU i

15 décembre 2013

Lepointdui

LE POINT DU i

c’est une rencontre entre elle et lui
où elle raconte
où il illustre

Elle, c’est Mélanie Richoz
et
Lui, c’est Barroux

Une rencontre au Livre sur Les Quais en 2012
puis un bombardement de mails entre Paris et Bulle
un bombardement de « J’aime… »
de couleurs
de rires
d’absurdités
de profondeur
de pudeur et d’impudeur
de coquineries, mais pas que.
De poésie, aussi !
De poésie, surtout.

La première publication du POINT DU i
dans le numéro décembre 13/janvier 14
dans Causette (deux planches).

Plus d’informations sur :

www.lepointdui.fr

Pied de nez

8 décembre 2013

L’heure de partir. Déjà.

Le temps a ce quelque chose de capricieux et d’insolent : il donne l’illusion de filer à une allure inversement proportionnelle à l’intérêt qu’on lui porte.

Les chaises s’éloignent de la table et font grincer le parquet. Sur la nappe tachée, des petites cuillères et des tasses à café éparpillées, un cendrier bondé, des cadavres de bière. Les couples invités enfilent leur veste, secouent leur poignet et regardent leur montre, enroulent leur écharpe à leur cou, entrechoquent leurs joues en distribuant des bonne-fin-de-soirée-à-bientôt-c’était-sympa.

Ce mouvement de départ et ce brouhaha, à eux deux, leur font perdre en vigilance. Ils se retrouvent tout à coup côté à côte, contraints à cet échange de bises qu’impose la bienséance, si absurde soit-il. Et entre deux bises, par accident, leurs nez se frôlent. Douce collision. D’à peine une seconde.

Bête et brève et insolente seconde puisque rien ne dure jamais plus qu’un bref instant.

Pilule

5 novembre 2013

« Quand j’étais petit, j’ai piqué deux pilules contraceptives à ma mère. J’voulais goûter ! Elle en avalait chaque jour, elle  !
Quelques années plus tard, je croyais que c’était à cause de ces deux pilules que ma barbe ne poussait pas – ou si peu. Et j’avais peur d’avoir les seins qui poussent. » D.

« Je croyais que je pourrais changer de prénom à l’âge adulte. Je nous voyais tous, en file indienne, au guichet des « changements de prénom ». Je croyais que je pourrais m’appeler Michel. J’ai été déçu quand ma mère m’a expliqué que, toute ma vie, je m’appellerais Yvan. Yvan… » Y.

« Je ne croyais pas que j’allais grandir. J’imaginais qu’il y avait un réservoir de Sophie avec un exemplaire de chaque âge. Une Sophie de six ans, une de dix, une de vingt, une de quarante. » S.

« Je croyais, à l’école secondaire, que les filles qui avaient perdu leur virginité, marchaient les jambes écartées. » X

« Je croyais que, d’où il était, mon grand-père pouvait me voir. Les premières fois que je faisais l’amour, je devais me concentrer très fort pour ne pas y penser, à mon grand-père. J’ai réussi petit à petit à me convaincre que son âme ne pouvait peut-être pas traverser le toit. » M.

 

Quelques-unes (mais pas toutes) sont publiées dans Je croyais que, Ed. Slatkine, 2010

Elle cligne des paupières

27 octobre 2013

On se regarde.
On ne se connaît pas mais l’on se regarde.
Elle, courbée sur son tintébin.
Moi, les mains dans les poches.
Mes lèvres lui chuchotent un bonjour qui reste longtemps en bouche, qui vient de l’intérieur. Qui vibre. Qui siffle.
Qui fait tout taire autour.
Elle cligne des paupières. Une seule fois. Très lentement.
Des feuilles tombent sur le trottoir.
On se sourit.
On se regarde.
On ne se connaît pas mais l’on se reconnaît.

La professionnelle

3 septembre 2013

Désirs qui frémissent et glissent sur l’eau calme du lac.

Mains fébriles.
Délicates, innocentes.
Qui crépitent sur la peau des corps allongés, fondus dans la nuit.
Qui effleurent, caressent.

« On voit que t’es une professionnelle, toi ! », murmure le garçon.

La fille stupéfaite gênée outrée inquiète se redresse sur son fessier, panique, interroge : « Tu penses que… que je… je… Euh, je crois qu’on s’est mal compris. Tu insinues que je suis une… une professionnelle ? Une… prostituée, donc ? »

« Mais non ! On voit que t’es une professionnelle, que tu travailles dans le monde médical, avec des gens, que t’as l’habitude du contact. Parce que tu as le geste tendre. », répond le garçon.

Des bouches rient aux éclats,
hésitent.
Se mangent.