Dimanche soir

20 octobre 2014

À la lumière d’un lampadaire jaune sépia, ils se croisent sur le trottoir d’une ville endormie. Tous les deux encombrés de sacs.

Il la regarde,
elle lui sourit.

Puis il vient vers elle et l’interpelle :

  • Pourriez-vous m’aider, s’il vous plaît ? Je dois me rendre à…
  • … Oui, répond-elle surprise.
  • Vous connaissez le quartier ?
  • Non, mais j’ai le GPS sur mon téléphone.
  • Je dois aller à la rue des Ti…

Comme il s’encouble avec les syllabes, il lui tend le papier sur lequel est inscrite l’adresse.

  • À la rue des Tilleuls 22, complète-t-elle le plus sérieusement du monde.
  • Rue des Till… Till… Tillll…., essaie-t-il sans parvenir à prononcer ce capricieux « eu » de la langue française

Il la regarde encore,
et rit ;
elle ne lui répond pas.

Elle ne lui répond pas parce qu’il la trouble. Elle s’accroche à son téléphone et s’empresse d’y entrer le nom de la rue. Les yeux rivés sur l’écran, elle analyse le plan. Il s’approche d’elle, et leurs avant-bras, par accident, se frôlent.
Dans la fulgurance de l’instant, elle frissonne.

Elle le renseigne, il lui sourit en italien. La remercie, là, tout près. Tout tout près. De sa main droite, si douce, si tendre, si masculine, si… , il lui saisit une joue et de ses lèvres si douces, si tendres, si masculines, si… , lui embrasse l’autre joue.
Et s’en va.

Elle frissonne encore… presqu’en italien.

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Une Réponse to “Dimanche soir”


  1. Superbe texte j’en frissonne


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