Les deux p’tits marins

12 juillet 2010

Son frère lui disait : « T’es comme les églises, t’as les seins en dedans ». Servi sur un ton d’une délicieuse cruauté, onctueuse et amère, que seul l’amour fraternel peut concocter.

Treize ans, ses deux petits tétons, semblables à de jeunes marins frêles, n’avaient pas encore osé prendre le large. Tandis que son entourage s’émerveillait d’une douloureuse floraison d’où perçaient cerises, pommes, poires ou melons. Chez elle, rien à cueillir. Rien à franchir, rien à gravir.

Cependant, à l’aube des vacances d’été, ses mamelons enjoués levèrent inopinément l’ancre et s’embarquèrent dans un périple fou, immodeste et arrogant. Allaient-ils un jour fixer les amarres ? Oui. Et du plat pays ont émergé d’opulentes collines derrière lesquelles elle se cache encore du regard des hommes.

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