Bon nombre d’abrutis
9 octobre 2011
La prise des repas est laborieuse pour Le p’tit Samuel. Il se lève de table, renverse son verre, mange avec les doigts et se salit à chaque repas.
Afin d’entraîner l’utilisation de couteau et fourchette, il prend aujourd’hui son goûter en thérapie. Des p’tits pains au lait ! Je salive, m’extasie :
« Mmmee, ça a l’air bon ! ».
Gentleman (comme à son habitude), il me tend l’assiette, surplombée de morceaux à peine découpés :
« Fais comme chez toi ! Sers-toi. ».
Puis il chantonne :
« Tiens, je pourrais même nous préparer une deuxième assiette. »
Et, appliqué, il continue sa tâche.
Je lui propose un sirop qu’il accepte d’une fine politesse.
Un joli moment.
Il est content. Moi aussi.
« T’es un amour, Samuel : tu partages, tu dis s’il te plaît, merci… Un amour ! ».
« Oh, mais tu sais, je partage pas avec tout le monde », rétorque-t-il.
« Ah, non ! Pourquoi ? », demandé-je.
« Parce qu’il y a quand même bon nombre d’abrutis qui emmerdent le monde. », lance-t-il d’une petite voix spontanée avant de mordre à pleines dents dans un morceau de petit pain.