Attendre
23 septembre 2011
Une pièce aseptisée, sa chambre. Un fauteuil roulant, un lit électrique et une chaise percée. Quelques effets personnels, les derniers survivants: une photo des petits-enfants, un coussin au point de croix, une vieille horloge et une alliance impaire, posée sur la table de nuit, trop étroite pour des doigts boudinés par l’hémiplégie.
Gisant dans la chaleur perdue d’un lit oublié,
elle attend.
Sa vie
se résume
à attendre.
Attendre qu’une soignante, dans l’un de ses nombreux va-et-vient violant son intimité, s’occupe d’elle. Pour la toilette, le déjeuner, le dîner et le transfert au lit pour la sieste.
Attendre que le temps passe… Dans l’humilité.
Ce matin, l’attente lui paraît encore plus lourde, plus vide. Sous ses draps, la vieille est pétrie d’angoisse. Sa voisine de chambre vient de lui brûler la priorité du paradis.
Encore attendre.
Mais attendre quoi ?
Que la mort lui fasse un sourire éclatant.
Dévastateur.
À elle…